Un fragment de vie.. (A fragment of life ...)


"Voici une étape de ma vie, qui reste en moi comme une plaie qui suppure encore... avec le temps... "

            
L'aventure du Musicobus
          
(The Adventure of Musicobus)

Classement par chapitre

"1" Après réflexion,j'accepte
"2" Je ne m'attendais vraiment pas à cela."
"3"Je dois dire que toutes publicités, "4"Le ballet se termina "5" Je trouve facilement un crédit "6" la musique ira a eux !"
"7" Le 8 mars 1989," "8" conservatoire ambulant" "9"C'est un peu d'effort au départ," "10" Les autres Professeurs"
"11"A Monsieur André LAIGNEL" "12" En 1991, un autre fête de la musique" "13"Direction : le bocage berrichon. "
"14"Pierre et Yveline" "15"en avant, musique!" "16"cinq cents kilometres par semaine " "17"D'origine bourguignonne,"
"18" Le premier est venu d'une association" "19"En 2000, 2001, un Suédois" "20" je me suis placée derrière une"
"21"Puis il continue de faire rêver, " "22"C'est incroyable, dit il, "

Vous pouvez m'écrire içi !

En 1980, toujours passionnée de littérature, membre de la SACEM depuis 1967, passionnée de musique, de chant, et plus tard de composition, je suis une battante depuis 1955, mais ce n'est parfois pas suffisant, puisque nous sommes toujours tributaire de quelqu'un. Pendant toutes ces années, j'écris de nombreux manuscrits, de nombreuses poésies, de nombreuses chansons, et je suis également des études de piano, et de chant. Aujourd'hui, au 21ème siècle, j'ai toujours mes centaines de pages noircies, qui se reposent dans mes tiroirs. Et lorsque mon regard, vient se poser sur ce monticule de courriers d'Editeurs de Paris, et de province, je suis dégoûtée, écoeurée, désespérée, de savoir que j'aie passé toutes ces années de travail, de relevé de notes, de recherche, sans m'apercevoir, et sans comprendre une seule seconde, que chaque profession sur cette planète, n'est qu'un calvaire, qu'une galère pour certains, et une facilité pour d'autres. Le choix n'existe pas. Que je sois diplômée ou non, que j'aie du talent ou non, que j'aie du savoir faire ou non, que je sois jeune ou vieille, rien de tout ceci existe, et ne sert sur notre planète. Et c'est dans un déboire profond, très profond, que je me saisie d'une bassine en fer, et que j'y jette toutes ces lettres, avant d'y mettre le feu. Une vaste fumée noire se répand dans la pièce, caresse le plafond, je la regarde sans réagir, seule, très seule, les yeux hagards, et la tête vide, très vide, juste un petit regret toutefois, sans trop savoir pourquoi. Ce regret, qui me décide à vendre mon appartement de Paris, pour aller vivre à la campagne. Mauvais choix me diront certains, pour cette campagne, cette France profonde, qui se trouve dans le Berry. Mais le relief m'attire, un endroit exemplaire, pour fuir ce monde insaisissable, ce monde impossible. La nature me fait ignorer le reste du monde, sans me rendre compte, que je vais rencontrer ici, un autre monde impossible surtout lorsqu'une passion est viscérale, elle ne s'arrête jamais. Cet endroit m'inspire vers d'autres paroles, d'autres musiques, sans oublier toutefois, que cet endroit, si je veux y rester, je dois trouver une solution à mon problème de survie. Je cherche, je cherche, et je lutte contre les nuits froides, le vent qui souffle sous la tuile, la pluie qui frappe les endroits encore mal obstrués, et la fraîcheur qui me fait frissonner. Les premiers jours d'octobre, sont de plus en plus difficiles à supporter, malgré les quelques éclaircies de la journée, qui viennent réchauffer mon corps. L'inspiration est délicate, dans de telles conditions de vie, dont l'intimité d'un intérieur douillet n'existe pas encore. Heureusement, ce feu de bois, qui brûle dans cette vaste cheminée berrichonne, me réchauffe le cœur, et me fait écrire : « La barque folle ». En 1984, dans cette petite commune de 1200 habitants, ou tout le monde s'ignore, mais tout le monde se connaît, une association me demande, si je veux enseigner quelques cours de musique et solfège, à quelques élèves de la commune de Chaillac.


"Haut de la page"


(1)
"Après réflexion,j'accepte "

Après réflexion,j'accepte, sans savoir un seul instant, que les Professeurs de musique dans l'Indre, ne sont pas considérés comme tels. Mes honoraires ne sont que de vingt francs mensuel. Bien vite, je me rends compte, que les méthodes de piano traditionnelles utilisées sont beaucoup trop rapides, pour des enfants, qui n'ont jamais appris la musique. Et c'est en 1984,que la première méthode de piano progressive, de Pierre NICOLAS Compositeur de musique est née, et qui s'intitule toujours « Deux notes en plus ». Celle ci est déposée au SNAC la même année. Et très utile ensuite pour les adultes débutants. Toujours en 1984, Pierre NICOLAS Professeur de musique, organise un petit spectacle pour Noël, avec les enfants de l'école de Chaillac, en présence du Maire de la commune. Une année s'écoule. Les difficultés grandissantes sont toujours là. L'année suivante, en 1985, Pierre NICOLAS décide de réaliser un second spectacle, et c'est à ce moment là, que tout devient décidément compliqué. Je m'aperçois que je ne connais pas encore cette partie du Berry, encore sous développée à cette époque, de vingt ans au moins, derrière la Sologne, et qui amoindrit mon esprit, comme si je perdais d'un seul coup, les connaissances que j'avais acquise durant toutes ces années. Tout devient compliqué, car ce spectacle bénévole se prépare, s'organise, se travaille avec les enfants. Je passe des heures et des heures à mettre en place une mise en scène, dont mon idée est de réaliser une partie classique, et une partie moderne. La passion tout simplement. Les filles sont maquillées, et habillées de robes longues, et les garçons sont vêtus de costumes noirs, nœud papillon, et coiffés d'un chapeau. Dans la partie classique, je fabrique les décors grandeur nature, pour la cheminée en carton et peinture crépis, ornée d'un plat en étain. Sur la scène, un piano électrique, transformé en clavecin, et dont l'ensemble de la scène est parsemé de table, de fauteuils, et de bougeoirs. Dans la partie moderne, les filles et les garçons sont en pantalon, chemise, casquette blanche et foulard rouge. Le décor de plus de deux mètres de haut en papier, représente une ville entière, que Pierre NICOLAS dessine à la main, et qu'il peint en relief. Dans le bas de ce décor se trouve une barrière en bois, qu'il dessine également à la main, et qu'il peint en relief. Ce décor donne vraiment l'impression, que les enfants jouent dans la rue, devant un réverbère, également fabriqué en carton dur et peint. Au loin le ciel bleu charme la scène. Mais pour que mon spectacle soit parfait, il me faut beaucoup d'enfants, et je n'en ai pas assez à Chaillac pour réussir celui-ci. Je décide donc de mêler aux enfants de Chaillac, ceux d'une autre commune appelée « Le Blanc ». C'est avec ma propre publicité, plutôt dérisoire, étant donné que les interdictions d'affichage sont nombreuses dans la région, que je recueille quelques élèves dans cette commune, qui se situe à trente cinq kilomètres. Mais ce n'est pas l'organisation d'un spectacle, que je trouve le plus compliqué, c'est le fait qu'après toutes ces heures de travail, de jour comme de nuit, l'on me refuse les enfants d'une autre commune.


"Haut de la page"


(2)
"Je ne m'attendais vraiment pas à cela."

Je ne m'attendais vraiment pas à cela. Je me bats auprès des dirigeants de ma commune, pour ne pas que mon spectacle soit annulé. Enfin, le spectacle, ce spectacle bénévole se déroule normalement, rapporte quelques francs à la commune, et moi ne me rapporte même pas une crêpe, ou un verre de cidre. Je suis contente tout de même de faire plaisir aux enfants, et de leur apporter beaucoup de bonheur, de souvenirs, et de photos. A la suite de ce spectacle, un article passe dans la Nouvelle République du centre, le 17 Novembre 1985.« A l'initiative de Monsieur et Madame NICOLAS, un spectacle de variétés animé par les enfants avait lieu récemment à la salle des fêtes. Ils ont entre 6 et 15 ans, ils viennent du Blanc, de Prissac, et de Chaillac, ils aiment ce qu'ils font à tel point qu'ils sont prêts à présenter leur spectacle dans toutes les communes qui en feraient la demande. Elégantes, gracieuses dans leurs premières robes longues, toutes émues de jouer devant un public très attentif et dans un décor merveilleux où le décorateur sut trouver d'ingénieuses astuces afin de recréer une scène d'intérieur représentant un salon de la période romantique ou la musique dite classique recréa l'ambiance de cette époque à merveille, le tout accompagné de jeux subtils de lumière. En deuxième partie, le décor représente une scène de rue aux alentours d'une ville d'Amérique à la lisière d'un terrain vague, ici la musique passe du style cow-boy à la panthère rose, en terminant par un style jazz-band qu'animait le groupe vidéo smashing, dont le public chauffé scandait en tapant des mains, le rythme des morceaux interprêtés » . Un peu plus tard, je reçois une invitation de la Mairie, afin de participer à la réunion communale annuelle. Je m'y rends. Je rencontre des personnes, que je ne connais pas. Surtout des Eleveurs. Des Eleveurs et des Artisans, qui sont des acolytes du Maire. Au cours du dialogue, le Maire remet une médaille, du mérite sans doute, à une femme, Professeur de musique à Chaillac, degré élémentaire, qu'il a été chercher dans la Haute - Vienne. Et tout en parlant de musique, il lance une phrase comme : « La musique classique n'est pas pour les enfants du Berry » et le spectacle était trop grandiose à son goût. Cette phrase me blesse profondément. Décidément, dans ce Berry, c'est toujours la galère. Il est clair que depuis 1980, la commune ne veut pas me voir chez eux. Apparemment, je dérange déjà, et je n'ai rien fait que mon métier. Je ne comprends pas pourquoi. J'oublie, je ne suis pas Berrichonne. Maintenant, je dois assurer les cours des quelques élèves de la commune du Blanc. Avec l'aide de quelques parents d'élèves, je fais la connaissance d'un prêtre, qui me fait le plaisir de me prêter une pièce, qui ne sert à rien, située dans le presbytère pour pratiquer la musique. D'un autre côté, mon père m'offre un piano, pour consacrer le tout. Doucement, j'aménage la pièce, afin de la rendre agréable et accueillante pour tout le monde. En même temps, je continue ma publicité, avec les moyens du bord, en agençant et frappant les textes sur l'ordinateur. En ce qui concerne la distribution, c'est encore compliqué en province. Interdiction d'affichage, les commerçants acceptent une publicité dans leur vitrine, ou n'acceptent pas. Selon si vous êtes une cliente ou non. Mais de toute façon, elle est toujours de courte durée.


"Haut de la page"


(3)
"Je dois dire que toutes publicités,"

Je dois dire que toutes publicités, que ce soit la distribution dans les magasins, dans les caddies, par la poste, dans les annuaires, ou les encarts publicitaires dans les annuaires également, ce ne sont pas les publicités les plus efficaces. La publicité qui fonctionne le mieux, c'est le bouche à oreille, puisque tout le monde se connaît, parlent du Professeur, du suivi, de la qualité de son travail, et du résultat escompté. Naturellement, dans ce sens, la clientèle n'est pas rapide, je dois être patiente, très patiente. Un peu plus tard, peut être quelques mois plus tard, le prêtre m'annonce que je dois quitter la pièce au plus vite, car le Maire de la commune a besoin de celle ci d'urgence. Il me fait aussi sous entendre qu'étant donné que je n'habite pas le Blanc, qu'il est difficile pour moi de donner des cours. C'est un coup de poignard dans la poitrine, que je reçois. Ce qui me prouve encore que je ne suis pas acceptée dans la région, et que le besoin de récupérer la salle du presbytère, était sans fondement. Je dois recommencer de nouveau à chercher un local, car je ne peux pas abandonner mes élèves. Ce sont encore des parents d'élèves, qui me présentent un propriétaire, qui a un appartement à louer dans le centre du Blanc. Naturellement, tous ces changements, location, déménagement, assurance, ne sont pas sans dépense. Décidément, dans ce Berry, c'est toujours la galère. A cette époque, je n'ai encore que très peu d'élève,et les prix sont très très très bas, rien à voir avec la ville. Et je ne peux pas compter organiser un spectacle dans la salle des fêtes du Blanc, pour me faire un peu de publicité, puisque la salle des fêtes du Blanc, est réservée aux habitants du Blanc. Je n'y pense même pas. Malgré tout, je dois m'étendre dans le département, pour pouvoir vivre, car les communes sont trop petites, pour pouvoir rester dans une seule. En 1986, tout en continuant avec les élèves de Chaillac et du Blanc, je propose malgré tout à ma commune un autre spectacle au profit du scanner de Châteauroux. J'organise mon spectacle, ou la deuxième partie est consacrée à la danse, avec un Professeur de danse d'Argenton sur creuse. De nouveaux décors sont en cours, dont un consiste en un grand panneau rond en polystirène, ou sont gravées à la pyrogravure, des notes de musique à la forme carrée. Une clé de sol, est également faite à la pyrogravure dans le polystirène, qui orne le côté du piano. Pierre NICOLAS dessine également une danseuse grandeur nature en carton dur et peinte, pour la Professeur de danse, afin de donner un peu de relief à son spectacle, qui me semble à moi, un peu dépourvu de joie visuelle. Je dois dire que ce Professeur n'a jamais accepté ce décor. Pourquoi ! je n'en sais rien. Pierre NICOLAS a donc lui même accroché la danseuse, au fond de la scène, derrière ses élèves. A la suite de ce spectacle, un article passe dans la Nouvelle République du centre. « SPECTACLE POUR LE SCANNER A CHAILLAC » Pour sa deuxième représentation publique, Monsieur et Madame NICOLAS confirme son succès grandissant. Des enfants de 6 à 15 ans venant du Blanc, Saint Benoît du Sault, Prissac, Saint Sulpice les Feuilles et Chaillac ont tout fait pour que ce spectacle soit une réussite. Spectacle en deux tableaux avec danses classiques et modernes, d'un Professeur de danse d'Argenton sur Creuse, danses mélangées dans le premier tableau que présentait plaisamment un animateur, attentif à tout ce petit monde.


"Haut de la page"


(4)
" Le ballet se termina"

Le ballet se termina par un morceau de musique interprété sur deux pianos, par Katy et Nadège, « les complices sisters », qui suscitèrent un déferlement d'applaudissements. La deuxième partie était du style cow-boy en passant par les corons à l'orgue, et terminant par un jazz-band qu'animait le groupe « Vidéo Smashing ». Le Maire de Chaillac, clôtura le spectacle par une brève allocution, félicita et encouragea cette initiative de brassage d'enfants des communes voisines ou éloignées, les remercia de leur participation et les invita à recommencer l'année prochaine. Ce spectacle a eu lieu grâce aux donateurs bénévoles, qui ont aidé Monsieur et Madame NICOLAS , responsables de la lutte contre le cancer ». Je suis heureuse d'avoir apporté dix mille francs, pour le scanner de Châteauroux, dans une petite commune comme Chaillac. Lorsqu'il s'agit d'un spectacle qui est organisé pour une œuvre, il y a toujours énormément de personnes, qui se déplacent, et les dirigeants de la commune sont contents, et ne pensent plus à ce moment là, que la musique classique n'est pas pour les enfants du Berry, et que le mélange des enfants de plusieurs communes n'est pas accepté. Ensuite, le Maire de Prissac, une autre commune de l'Indre, me prête une salle et un piano, pour donner des cours de musique à quelques élèves, qui se sont déjà inscrits à la Mairie. Petit à petit, je m'étends dans d'autres petites communes, à des distances assez éloignées les unes des autres. Mais à chaque fois, je rencontre de nouvelles difficultés. Comme cet exemple, à la Mairie de Saint Gaultier. Encore vétuste à cette époque, je me retrouve donc dans une petite salle, au sol défoncé, sur lequel j'ai eu beaucoup de problèmes à trouver une place stable, pour y installer un piano. Un piano qui ne m'a pas été prêté, que j'aie dû louer, et prendre une assurance. En comptant la location de piano, et les assurances dans chaque commune, je ne peux survivre, étant donné le faible coût des cours de musique en province. Trop de frais pour le nombre d'élèves recueillis. Le Berry n'est décidément pas culturel. Je dois trouver une autre solution. Que dois je faire ? Que peut on faire dans un endroit pareil ? Je réfléchis. Je dois supprimer la location de piano, me déplacer vers les élèves, étant donné que les parents ne se déplacent pas, enfin supprimer les frais au maximum. Comment faire ? De toute évidence, toutes les communes ne m'accepte pas. A Argenton sur Creuse par exemple, le Maire de cette commune refuse même ma présence, et ne désire absolument pas que je m'installe une heure ou deux par semaine, de peur de faire du tort à son association de musique. Rien à voir cependant avec mes cours de musique. En tous cas, ce Maire a eu beaucoup de courage, pour m'envoyer son refus par lettre. Je ne dois pas non plus donner des cours à domicile, les distances sont trop éloignées, le temps est compté, la rentabilité non fiable. Je ne dois pas sombrer, je dois lutter et persévérer. Et tout en cherchant, je continue les cours avec les élèves du Blanc, de Lignac, de Prissac, et de Saint Gaultier. Puis un jour, Pierre NICOLAS me regarde fixement, et s'écrie : « Je crois que j'aie trouvé » Un camion aménagé pour la circonstance, avec une marque appropriée. Et c'est alors que le « MUSICOBUS » de Pierre NICOLAS est né en 1986.


"Haut de la page"


(5)
"Je trouve facilement un crédit"

Je trouve facilement un crédit pour ce camion de déménagement que j'aménage doucement, afin qu'il soit accueillant. Puis je dépose la marque à l'INPI. Je suis contente d'apporter aux enfants du monde rural, une culture qu'ils ne trouvent pas encore dans les écoles de musique de province. Tout le monde est heureux de cette idée, et moi aussi. Mais je dois dire, que je suis un peu poussée par les évènements, car la galère existe toujours dans le Berry. Je commence donc à donner mes cours dans un camion, qui n'est pas encore aménagé entièrement. Il y a à l'intérieur, qu'un tableau blanc, le piano que mon père m'a offert, et un poster de J.S. BACH . C'est alors que je parcours les petites routes de province, et que je stationne sur les places de village. Stationnement et endroits autorisés par le Maire évidemment. C'est avec ce véhicule qu'en 1987, j'organise la fête de la musique, en parcourant cinq cents kilomètres dans la journée. Les enfants jouent sur les places des villages, ils sont enchantés, ils sont heureux de leur petit voyage. . En 1988, j'organise un spectacle à Prissac, avec l'aide des parents d'élèves. Toujours un spectacle bénévole naturellement. La scène se présente en salon, ou les différents objets sont apportés par les parents. Une partie moderne avec lampadaire, croissant de lune, cafetière, et plantes vertes, ornent le décor. Les enfants sont toujours habillés et maquillés, selon la partie représentée. Les filles sont heureuses dans leur robe en soie, et les garçons les admirent. Entre mes parcours, je continue à aménager mon véhicule, en l'isolant d'une moquette murale, je le décore de posters de musiciens notoires, et je transforme le courant de l'orgue et de l'intérieur en 22O V, plus une aération pour l'été, et un chauffage pour l'hiver. Les photos des spectacles parsèment aussi les murs de ce Musicobus. Et c'est en parcourant quotidiennement les routes sinueuses du Berry Sud, que je me fais une petite clientèle. Et c'est en 1989, que je dois le premier petit coup de pouce, à un Journaliste de la Nouvelle République du centre, Monsieur Michel DIVET, qui est à la recherche d'une originalité, lorsqu'il me fait un grand portrait dans son journal, le 20 février 1989. LE LAGARDERE DE LA CLE DE SOL Après le « bibliobus » . le « Musicobus ». Ou comment dans le Berry Sud un homme lutte seul pour apporter la culture à tous. Le camion vient de s'immobiliser derrière la Mairie de Saint Gaultier. Il est 13 h, l'heure de la leçon de piano hebdomadaire pour Aline. Le chauffeur du camion descend de sa cabine et salue la fillette et sa maman qui l'attendaient, puis, sans perdre de temps, se dirige vers l'arrière du véhicule, en ouvre les portes avant de déplier un petit escalier. Aline grimpe ce dernier prestement, son cartable sous le bras. Devant elle, un décor insolite : un piano, un orgue et un poster avantageux de J.S. BACH. La gamine s'installe au piano, tandis que le chauffeur la rejoint. « Pour commencer les cinq doigts de SZERNY s'il te plaît ». Et l'élève de s'exécuter avec application. La journée de Pierre NICOLAS, Professeur de musique, « chauffeur routier » et père du « Musicobus » vient de débuter.


"Haut de la page"


(6)
"« LA MUSIQUE IRA A EUX ! »"

« LA MUSIQUE IRA A EUX ! » L'idée est originale, généreuse et assurément digne d'encouragement. Elle est née du constat suivant : dans les campagnes, faute de Conservatoires en nombre suffisant, apprendre le piano tient du tour de force. Leurs prix et l'éloignement des points de vente n'est pas là pour arranger les choses. « Les jeunes ne peuvent pas venir à la musique ? Et bien la musique ira à eux ! » s'est écrié voici deux ans Pierre NICOLAS, un Professeur de piano établi à Chaillac depuis sept ans. « Louer des salles dans les petites communes et louer en sus des instruments pour les équiper auraient été une solution trop onéreuse », explique notre chauffeur musicien. « J'ai donc opté pour un équipement ambulant ». Ainsi est né le « Musicobus » qui est au cours de piano ce qu'est le bibliobus à la lecture. CINQ COMMUNES DESSERVIES Avec un brave camion acheté d'occasion, je suis souvent obligé de réaccorder le piano. Notre Professeur itinérant parcourt quotidiennement les routes sinueuses du Berry Sud. Cinq communes sont pour l'instant desservies : Chatillon, le Blanc, Saint Sulpice, Saint Gaultier, et Prissac. « Les gens sont parfois intrigués quand ils me voient arriver avec mon engin, commente Pierre NICOLAS. Il faut du temps pour imposer une nouveauté dans le monde rural. Mais une fois les premières appréhensions évanouies, tout se passe bien ». L'expérience a montré en effet que prendre des cours de piano dans un « 3 tonnes » n'a rien de farfellu. Oh, bien sûr, le local n'est pas bien grand 10 m2, mais la pratique n'en pâtit pas car la discipline règne. « J'insiste sur la qualité du travail en proposant notamment une méthode de mon cru, adaptée aux capacités des plus jeunes ». Ce qui n'exclut pas les adultes puisque nombre de parents ont suivi depuis deux ans les traces de leur progéniture. PEU RENTABLE Le bât blesse par contre du côté des finances. Les frais d'essence, l'entretien du camion, le nombre somme toute assez modeste d'élèves font que le mensuel demandé par tête de pipe menace la rentabilité du service. « J'envisage à ce jour deux solutions pour pérenniser le Musicobus ». La première serait de s'entendre avec d'autres Professeurs du département pour mettre sur les routes de nouveaux camions équipés d'autres instruments de musique. Il y a de la demande pour des cours d'accordéon, de guitare, etc, la quantité des prestations améliorerait je pense la rentabilité. Seconde solution : réussir à me faire soutenir financièrement par une entreprise privée, d'instruments de musique ou autres, ou bien encore par un organisme public. Malheureusement, pour l'instant, et ce malgré la bonne vingtaine de lettres envoyées à droite et à gauche, le Musicobus ne voit rien venir. Apporter la culture dans les endroits reculés est pourtant une bien belle initiative. N'est ce pas Messieurs les élus, n'est ce pas Messieurs les Sponsors… Et c'est alors que l'importante médiatisation du Musicobus de l'Indre se déclenche. Le 20 février 1989, je passe à la radio RBS à Châteauroux, et la radio Fun Radio, pour raconter l'histoire et la galère du Musicobus, K7 en main.


"Haut de la page"


(7)
"Le 8 mars 1989,"

Le 8 mars 1989, je fais un reportage pour FR 3 Orléans, VHS à l'INA, ou celui ci passe sur la chaîne le 13 mars 1989. Ce reportage passe une deuxième fois sur la chaîne le 14 mars 1989, puis une troisième fois le 15 mars 1989. Ensuite le 2 avril 1989, un article passe dans le journal Centre France le Berry avec : LE MUSICOBUS : LA METHODE ROSE A LA CAMPAGNE Le bibliobus, tout le monde connaît, c'est une bibliothèque ambulante qui permet aux communes les plus rurales d'avoir accès aux trésors de la littérature ou plus simplement au polar et à la bande dessinée. Mais le « Musicobus ? ». Eh bien, c'est un peu la même chose pour la musique. Avec quand même quelques différences de première grandeur. La première, c'est qu'il n'en existe qu'un, et que c'est dans l'Indre. La seconde, c'est que c'est le résultat d'une initiative privée et que cette initiative ne bénéficie pas du moindre argent public. Pierre NICOLAS est musicien. Il a fait ses études à la Schola Cantorum, harmonie, fugue, contrepoint, plus une solide formation de pianiste. Il a ensuite travaillé dans les studios parisiens le show-bizz. C'était à l'époque du yé - yé finissant. Tous les matins, il fallait trouver un nouveau petit génie. Pour dire les choses comme elles sont, c'est nous qui les fabriquions. Derrière la pacotille, il y avait le travail sérieux : c'était nous ; un travail de « nègres », pas du tout considéré. J'en ai eu marre. J'ai décidé de quitter Paris. BOUCHE A OREILLE Direction : le Berry. Un peu par hasard, parce que les maisons y sont moins chères qu'ailleurs. « Et puis je suis Bourguignon d'origine, les collines boisées, ça me va bien ». Avec sa compagne Yveline, musicienne elle aussi, il s'installe à Chaillac. Encore en contact, pour harmonisations et arrangements, avec les studios parisiens, mais avec la ferme intention de trouver des solutions plus locales. « Nous avons commencé à donner quelques leçons pour une association du Blanc. Et puis le bouche à oreille a fonctionné et on nous a demandé ailleurs ; des associations familiales ou culturelles, dans des petits bourgs, parfois très loin. Ce n'était pas évident. Et très vite la solution s'est imposée à nous : un salon de musique ambulant ». Pierre NICOLAS et Yveline ont donc trouvé un camion. Ils l'ont aménagé, meublé d'un piano, d'un orgue électrique, de quelques partitions et posters de musiciens célèbres et pris la route. Aujourd'hui, ils ont une cinquantaine d'élèves, dans une zone qui va de Châtillon sur Indre à Saint Gaultier, et qui déborde même au sud sur le Limousin : une demi douzaine d'élèves dans le canton de Saint Sulpice les Feuilles ( Haute Vienne ) Ce qui représente quand même une bonne centaine de kilomètres du nord au sud. Et de sérieux problèmes d'intendance : « Nous demandons une somme dérisoire par élève et par mois, ce qui met l'heure de cours hebdomadaire à soixante francs. Le moins qu'on puisse dire est que ce n'est pas excessif. Mais les campagnes berrichonnes ne sont pas riches ». Pour ce prix, un enseignement haut de gamme. Pierre NICOLAS est l'inventeur d'une méthode pédagogique particulière, et ses conseils à lui. Cela permet des progrès rapides et séduisant pour les élèves.


"Haut de la page"


(8)
"CONSERVATOIRE AMBULANT"

CONSERVATOIRE AMBULANT Ce petit conservatoire ambulant en est encore au stade de l'artisanat précaire. Son problème, c'est de passer au stade de l'institution. « Sans concession sur la qualité de l'enseignement, il n'y a aucune raison de servir n'importe quoi aux enfants sous prétexte qu'ils vivent à la campagne ». Pour vraiment vivre de leur travail, estiment Pierre NICOLAS et Yveline, il leur faudrait arriver à soixante dix élèves. Et élargir leur régistre : les enfants des écoles ne peuvent suivre leurs cours que tard dans l'après midi, le mercredi et le samedi. Et la demande est forte pour l'apprentissage de plusieurs autres instruments, la guitare et l'accordéon. Notamment de la part d'adultes et même de gens du troisième âge qui peuvent être séduits par la rapidité d'apprentissage que permet l'électronique. « Il ne s'agit pas pour eux de devenir des virtuoses, mais de découvrir le plaisir de jouer ». C'est un problème de moyens. Et, bien que le couple NICOLAS répugne visiblement à en parler, un problème d'intendance. De « Sponsoring », comme on dit maintenant. Le « MUSICOBUS » offre un service qui relève à l'évidence du service public. « Nous avons le sentiment de nous être impliqués dans une initiative qui pourrait être généralisée ». Le problème est de savoir par quel canal. Associatif ? Municipal ? Départemental ? Peut être le tout à la fois ? Signature : Georges CHATAIN Le 12 avril 1989, passage du Musicobus sur FR3. Le 13 avril 1989, un article passe dans le journal La Marseillaise du Berry avec : BALADINS DE LA CULTURE LE MUSICOBUS ENTRE BERRY ET LIMOUSIN Que ce soit le peintre ou le musicien, tous sont en quelque sorte des baladins de la culture. Saint Sulpice les Feuilles, Haute Vienne, un petit groupe d'enfants et d'adolescents se rassemble place de la Mairie. C'est l'heure de la leçon de musique. Une école de musique à Saint Sulpice ? Dans cette bande, entre Limousin et Berry, que grignote d'année en année la désertification. Eh oui : une école itinérante, le « Musicobus » de Pierre NICOLAS. Dans leur camion aménagé par eux mêmes, un piano, un orgue électrique, une table de travail, quelques posters de musiciens célèbres. Chaque semaine, de leur domicile de Chaillac, où ils habitent depuis qu'ils ont quitté Paris, où Pierre NICOLAS était musicien de studio et arrangeur ( le show-business, je ne supportais plus ) ils prennent la route, pour retrouver leurs élèves. Les plus au sud sont donc en Limousin, Saint Sulpice les Feuilles, les Grands Chézeaux, les plus au nord à Châtillon sur Indre, à la frontière de la Touraine. Une cinquantaine d'élèves au total. « Pour que le Musicobus arrive à sa pleine utilité, il en faudrait soixante dix ». Pour amener le camion dans un village, il faudrait y avoir six élèves. Mais Pierre et Yveline se déplacent à partir de trois demandes au même lieu : « Il faut bien amorcer ». L'amorce se fait par bouche à oreille, ça vient peu à peu. Car malgré le côté saltimbanque de leur affaire, ce sont des musiciens chevronnés. Pierre NICOLAS a fait ses études musicales à la Schola Cantorum - Un sommet - il a étudié l'harmonie, la fugue, le contrepoint. Il est l'inventeur d'une pédagogie musicale. Développe la vélocité et l'indépendance des deux mains :

"Haut de la page"


(9)
" « C'est un peu d'effort au départ, "

« C'est un peu d'effort au départ, mais cela permet des progrès rapides qui passionnent vite les élèves ». Et malgré la médiatisation galopante, la galère existe toujours dans le Berry, les difficultés sont grandissantes. Puis en avril 1989, deux pages d'article en couleurs passent dans la revue Jeunes Agriculteurs avec : LES CHINEURS DE MUSICOBUS Pierre NICOLAS sillonne les routes du Berry avec sa fourgonnette musicale, pour enseigner une passion et un savoir faire : la musique. A « chine », en argot de métiers, c'est le commerce itinérant. Les colporteurs de jadis sont devenus marchands forains. Avec des camions qui font parfois figure de mini-grandes surfaces. La chine a peu à peu gagné les commerces quotidiens ; le boulanger, l'épicier et le boucher ont dû, depuis quelques décennies déjà, mettre leur boutique sur roues. Ils ont à leur tour été suivis par les services : le crédit agricole et la mutualité ont aussi dans les régions rurales leurs bureaux baladeurs. Les chineurs à la campagne, sont maintenant partout. C'est par contre une première qu'à réalisé Pierre NICOLAS sur les routes du Berry. Il s'est équipé d'une longue fourgonnette, y a installé un piano, un orgue électrique, quelques plans et panneaux de travail. Et avec sa compagne Yveline, il va, de bourg en bourg, enseigner sa passion et son savoir faire : la musique. « Nous avons commencé voici deux ans. Sur une constatation évidente : la difficulté d'apprendre la musique lorsqu'on habite à la campagne. Il y a très peu de Professeurs ; il y a par exemple des enfants qui ont appris le piano avec des accordéonistes. Même si ce sont deux instruments à clavier, leur doigté et leur langage n'ont rien à voir. Résultat : l'impasse, les projets se bloquent très vite. Nous nous sommes dits qu'il n'y avait aucune raison que les ruraux soient condamnés à un apprentissage au rabais ». « Nous avons commencé à donner quelques cours, à la demande d'une association du Blanc, la sous-préfecture. Et puis le bouche à oreille a fonctionné, on nous a demandé ailleurs ; des associations familiales ici et là, parfois loin; il a fallu louer des instruments, les déposer dans des locaux provisoires, pour deux ou trois élèves. C'était ingérable et ça coûtait très cher. La solution du camion aménagé s'est vite imposée à nous ». Aujourd'hui, la classe motorisée se déplace dans six villes et bourgs de la région. Les deux extrèmes, Châtillon sur Indre à la frontière de la touraine, à Saint Sulpice les Feuilles, sur les marches du Massif central. Cent vingts kilomètres du nord au sud. Avec leurs élèves, Pierre et Yveline organisent en fin d'année des spectacles et des concerts ruraux ; ils fabriquent les décors, arrangent des chansons populaires ou à la mode ; une partie classique, Mozart, Beethoven, une partie moderne, jazz ou variétés. Ainsi peu à peu, la notoriété de ce petit conservatoire itinérant s'affirme en Berry. Pas sans problèmes, car les problèmes d'emploi du temps ne sont pas simples : « Nous devons évidemment nous modeler sur les horaires scolaires ; nous ne pouvons passer qu'à contretemps : mercredi, le samedi, ou les fins d'après-midi. Lorsqu'il faut y ajouter une ou deux heures de route, ce n'est pas toujours évident ». Ces problèmes d'horaires, Pierre NICOLAS envisage de les résoudre en cherchant des élèves hors de l'école. « Nous avons quelques adultes, mais passé l'âge scolaire, ce n'est pas toujours facile de prendre des leçons de musique.

"Haut de la page"


(10)
" Les autres Professeurs"

Les autres Professeurs n'aiment pas trop avoir des élèves sortis de l'enfance ou de l'adolescence ». « Pourtant, il peut y avoir là de grandes possibilités. L'arrivée des instruments de musique électroniques donnent des nouvelles possibilités. Ils coûtent bien moins cher qu'un piano, ils ont des sonorités plus flatteuses et sont relativement faciles. Il ne s'agit plus de former des virtuoses ni des professionnels, mais de donner une culture musicale, et le plaisir de jouer. Il y a par exemple des jeunes retraités, de soixante à soixante cinq ans, qui sont en pleine forme, qui ont envie de réaliser des souhaits qu'ils n'ont pas eu le temps de concrétiser pendant leur vie professionnelle. Nous avons eu des demandes de responsables de clubs de troisième âge, qui ont envie d'acquérir des talents d'animateurs. Pour nous, l'élargissement à une clientèle adulte, serait l'idéal pour résoudre nos problèmes d'emploi du temps, quand les enfants sont à l'école ». Autre objectif : Pourquoi pas plusieurs camions ? Différencier l'enseignement dispersé dans le « Musicobus » . Ce serait bien, dans un premier temps, d'arriver à mettre sur pieds des cours d'accordéon et de guitare. Ce sont les instruments les plus spontanément demandés. « Mais pour que cela s'affirme ou se généralise, insiste Pierre NICOLAS, il resterait à régler un lourd problème d'intendance. Il faudrait arriver à mettre au point une forme de mécénat ou de sponsorisation ». Mais cet aventurier de l'enseignement musical n'a pas de solution à sortir de sa manche, dommage, car c'est pourtant évident, lorsqu'on mesure l'ampleur du besoin et de la demande. Signature du Journaliste : Georges CHATAIN Nonobstant la médiatisation du Musicobus, les élèves ne se bousculent pas pour autant. Je suis dans l'Indre, et la culture ici ne s'improvise pas. Ensuite, le 17 et 18 mai 1989, je suis convié à participer à un reportage sur le Musicobus pour la 5ème chaîne. Le passage de ce reportage, qui a duré deux jours, passe donc une première fois sur la 5ème chaîne le 10 juin 1989, et une deuxième fois le 14 juin 1989, puis le 22 juin 1989, passage sur FR3 Limoges. VHS à L'INA. De mon côté, je fais les démarches, les courriers auprès de la plus haute instance national et départemental, pour le développement des Musicobus. Un dossier qui ne cesse d'augmenter de volume, et des lettres qui s'accumulent, afin de trouver des Sponsors. J'écris à la Société Maaf à Châteauroux le 8 février 1989 . A la Société Central pneu à Châteauroux le 12 février 1989. Ala Société Mead emballage à Châteauroux le 12 février 1989. A la Société Mesnager à Châteauroux le 12 février 1989. A la Société Harr'ys, monsieur Paul PICARD à châteauroux le 12 février 1989. Au Crédit Agricole, Monsieur SAYARD à Châteauroux le 17 février 1989. A Piano France Alès le 24 mars 1989. A la Direction de la musique, Monsieur Michel CHNEYDER, le 2 juin 1989. Sans réponse.

"Haut de la page"


11
" A Monsieur André LAIGNEL d'Issoudun,"

A Monsieur André LAIGNEL d'Issoudun, le 13 juin 1989, qui envoie le Musicobus vers le Conseil Général de Châteauroux, dont le Maire de ma propre commune est Conseiller Général à Châteauroux. A Monsieur Jack LANG, le 12 juillet 1989, qui semble t-il est intéressé par l'originalité du Musicobus, mais qui donne le dossier à la DRAC d'Orléans. Un mois plus tard, le 11 août 1989, un coup de téléphone d'une personne de la DRAC d'Orléans, Monsieur Robert JOURDAN, qui me fait comme réflexion « Vous ne pouvez pas rouler en mercédès comme tout le monde », apparemment il n'a rien compris à la démarche du Musicobus. A Monsieur GERBAND Conseil Général de Châteauroux, le 17 juillet 1989, pourtant très intéressé par le Musicobus, ne subventionne pas les particuliers. Curieux, car un Maire de l'Ardèche est lui, prêt à m'aider, si je veux déménager. Est il sérieux ? Que penser ? J'arrête pour un temps, le courrier, disons un peu déçue des réponses et des sans réponses, car je suis invitée, pour un nouveau reportage pour Antenne 2 unité jeunesse Paris, qui passe le 15 septembre 1989. VHS à l'INA. Un autre reportage pour TF1 unité jeunesse Paris, m'attend, et qui passe le 20 septembre 1989. VHS à l'INA. Je dois dire qu'en ce moment, j'accumule les reportages, mais le Musicobus ne fait pas vivre son créateur, seule la musique me tient éveillé vers la passion et l'espoir. D'autres reportages pour FR3 Franche comté Dijon, FR3 régions Lyon, et FR3 régions Samdynamite Limoges, passent le 6 octobre 1989. VHS à l'INA. Tous ces reportages sont passés également sur LCI, en Belgique et en Allemagne. En 1990, je participe à la fête de la musique, qui est organisée dans la salle des fêtes de Vigoux dans l'Indre. Ensuite, j'organise un nouveau spectacle de fin d'année, sur la demande du Maire de Jouac dans la Haute-Vienne. Je fabrique avec mes propres moyens des décors de neige, en carton dur et peint. De la neige au sol, des sapins, des maisons, et une église de neige. Les enfants sont heureux, ils arrivent de très loin, de châtillon, de Saint Gaultier, de Celon, du Blanc, de Saint Sulpice, et Pierre NICOLAS fabrique une luge avec les enfants. Je décide de reprendre mes courriers, mes démarches auprès des Sociétés, je continue. J'écris au Maire d'Argenton sur Creuse, le 8 mars 1990, refus de stationner pour l'enseignement culturel. Au Maire de Buzançais, le 13 mars 1990, refus de stationner pour l'enseignement culturel. A Monsieur Yves GATEAUD Maire de Châteauroux, le 4 avril 1990, autorise seulement le Musicobus à stationner, dans les cités et quartiers difficiles de châteauroux. Rien à voir avec l'enseignement culturel du Musicobus. D'autres courriers suivent, afin de décrocher des Sponsors. Le 11 mai 1990, France Inter émission de Claude VILLERS. Etc… Décidément, dans ce département, tout est fait, tout est préparé pour vous éloigner, lorsque vous gênez, ou que l'on croit que vous êtes là pour gêner, qu'est ce que cela aurait été si j'avais été éleveur, car c'est bien la région de l'élevage ici. Non je ne suis pas là pour gêner, mais pour vivre comme tout le monde, car le sens de ma vie est la musique et la composition. Mais le Musicobus a beaucoup de difficulté à paraître, à cause des écoles de musique, des associations, et des fédérations, qui ne sont là que pour distraire les enfants.

"Haut de la page"


(12)
" En 1991, un autre fête de la musique"

En 1991, un autre fête de la musique s'engage à Celon, petit village de l'Indre, ou la scène est jonchée de fleurs multicolores. C'est le spectacle le plus joyeux que Pierre NICOLAS a rencontré, le plus chaleureux, le plus respecté, dont le Maire et les Adjoints de cette commune, ont donné l'autorisation de stationner au Musicobus, dont la culture musicale ne leur était pas indifférente. Et le spectacle s'est terminé dans la joie, en savourant les délices, les bons gâteaux, qui ont été soigneusement préparés et offerts par les parents. En 1992, j'organise un nouveau spectacle dans la Haute-Vienne, à Saint Sulpice les Feuilles. Les décors sont un mélange de tous ceux, que j'aie déjà fabriqué dans les autres spectacles , avec une partie classique, et une partie moderne, où les enfants sont toujours habillés et maquillés en la circonstance. Les photos sont toujours à l'appui, et révèlent de très beaux souvenirs. Après ce spectacle, j'écris trois séries Musicobus, ou je raconte des histoires survenues avec les enfants, des rencontres curieuses, des retrouvailles incroyables, comme par exemple, trois enfants de la DASS, qui se sont retrouvées grâce aux tournées du Musicobus. Chacune d'elle prenait des cours de musique, dans des communes différentes. Curieuse coincidence, surtout dans le même département. Trois sœurs qui se sont retrouvées grâce au Musicobus. Le 11 janvier 1993, Georges CHATAIN, Journaliste au journal le Monde, me consacre un article. Pierre NICOLAS : CHINEUR DE LA MUSIQUE Entre Berry et Limousin, Pierre NICOLAS est chineur. La « chine », dans le vocabulaire rural, c'est le commerce ambulant, maigrement lucratif. Mais Pierre NICOLAS est un « chineur » très particulier. Il est Professeur de musique itinérant. Avec sa compagne Yveline, musicienne elle aussi, il a conçu un « Musicobus » : un camion- studio- conservatoire avec circuits électro-acoustiques et casques, qui leur permettent de faire travailler plusieurs élèves en même temps dans les dix mètres carrés du camion. De leur base à Champrue, commune de Chaillac, ( 1250 habitants, au point de jonction du Berry, du Limousin et du Poitou ) ce salon de musique ambulant leur permet, dans un rayon d'une soixantaine de kilomètres, d'enseigner le piano, l'orgue, la guitare, le solfège et la théorie. Ils vont de chef-lieu de canton en bourg rural, à la rencontre des écoliers pour l'essentiel, mais aussi de quelques adultes séduits par un service qui passe à leur porte. L'aventure rurale a commencé en 1986. Pierre NICOLAS est un musicien solide. Employé dans des studios parisiens, il fréquente le show-biz. « C'était l'époque du yéyé finissant. Tous les jours, il fallait trouver un petit génie, lui faire ses arrangements et son style, bref le fabriquer. C'était un travail de « nègre ». On était payé pour donner du talent à des gens qui n'en avaient pas. J'en ai eu marre. J'ai décidé de quitter Paris ».

"Haut de la page"


(13)
" Direction : le bocage berrichon. "

Direction : le bocage berrichon. « Nous avons commencé à donner quelques leçons pour une association du Blanc, sous-préfecture de l'Indre. Et puis, des associations familiales rurales nous ont contactés. Ce n'était pas évident, ces associations n'ont pas le sou et elles étaient souvent éloignées. C'est en réfléchissant à cette demande que nous est venue l'idée du Musicobus ». De Châtillon sur Indre, à l'orée de la Touraine, à Saint Sulpice les Feuilles, sur les premières collines du Limousin, le camion salon de musique parcourt quelques centaines de kilomètres hebdomadaires, pour un enseignement très professionnel. Pierre NICOLAS est l'inventeur d'une méthode bien à lui, et d'une technique bien approfondie, qui permet aux élèves des progrès rapides, et donne surtout très vite le plaisir de jouer. C'est pourquoi nous avons de la demande ». Une fonction de service public. Initiative privée, le Musicobus remplit d'évidence une fonction de service public en milieu rural. Pierre NICOLAS et Yveline ont, disent ils, « le sentiment d'avoir ouvert une perspective qui pourrait être généralisée ». Et, financé, pourquoi pas ? par les collectivités ou des associations… Certaines communes accueillent le Musicobus avec chaleur ; d'autres lui interdisent de stationner sur leur territoire. Même si le Musicobus avait été doté d'un statut associatif, les éventuelles subventions auraient à peine payé les dépenses liées à ces formalités. Le Musicobus continue donc à parcourir les routes départementales du Berry et du nord du Limousin. En toute pauvreté, en toute indépendance. Et de 1984 à 1993, c'est toujours la galère : un logement préhistorique, une vie difficile avec problème sur problème, ou l'acharnement doit être de rigueur. Le 28 mars 1993, le journal Centre France Berry consacre une page au Musicobus. UNE ECOLE DE MUSIQUE… AMBULANTE Pierre et Yveline sillonnent le département depuis des années. Professeurs de musique, ils ont créé une école de musique ambulante. Une expérience unique en France. De Châtillon sur Indre à Celon, de Saint Gaultier à Saint Sulpice les Feuilles, Haute-Vienne, il y a maintenant des années qu'un étrange véhicule parcourt les routes de la contrée : le « Musicobus ». C'est une réalisation unique en France : une école de musique ambulante qui, comme le passage du boulanger et du boucher de village en village, manifeste au jour le jour la volonté des zones rurales de ne pas se résigner à la désertification. Pierre NICOLAS et Yveline, tous les deux Professeurs de musique, ont aménagé un fourgon en salon de musique. Entre piano et claviers, c'est une salle de cours roulante qui vient proposer son enseignement sur la place des bourgs et des villages. Avec une méthode qui, en dépit de l'allure un peu folklorique du véhicule à travers la campagne, est d'une extrême rigueur. Mise au point et approfondie par Pierre NICOLAS. Pierre NICOLAS est un musicien solide. Etudes à la « Schola cantorum », piano, harmonie, théorie, polyphonie. Une carrière dans les studios d'enregistrement parisiens … Où il travaille dans les arrangements, les orchestrations, le play-back et de la cuisine électro-acoustique. Puis Pierre NICOLAS en a eu marre, et départ de Paris, direction le Boischaud-Sud ; installation à Champrue, commune de Chaillac. Une région où il n'est pas évident de gagner sa vie, même en gardant le contact avec les studios parisiens. Population diffuse, et qui ne roule pas sur l'or. Ainsi est née l'idée de l'enseignement musical du Musicobus.

"Haut de la page">

(14)
"Pierre et Yveline"

Pierre et Yveline peuvent, grâce à une organisation rigoureuse des quelques mètres carrés d'espace roulant, et de leur temps, recevoir plusieurs élèves en même temps. En zone rurale, le Musicobus assure à l'évidence une mission de service public : le droit de tous à un égal accès à la culture. Il mériterait un soutien en conséquence. Car, on s'en doute, ce n'est pas avec ce genre d'initiative qu'on fait fortune. Et les fins de mois ne sont pas toujours évidentes. De plus, la vaillante fourgonnette commence à fatiguer et à aspirer à une légitime retraite. Il va falloir bientôt trouver un nouveau véhicule. Pierre et Yveline avaient bien songé, voici quelques temps, à solliciter le soutien des collectivités publiques. Mais ce serait compliqué. « Il faudrait créer une association à but non lucratif, créer tout un échafaudage juridique. Tout ça pour solliciter quatre sous des communes rurales sans moyens financiers. Nous avons pensé que le jeu n'en valait pas la chandelle ». C'est en solitaires que les deux Professeurs de musique poursuivent, sur les routes de l'Indre, leur nomadisme pédago-musical. Ah! Ces Journalistes, je dois dire que je peux les remercier, car ils ont fait un travail formidable. Même lorsque certains Maires, après avoir pris rendez vous avec eux, se désistaient à la dernière minute. Puis au fil du temps, je suis arrivé à assurer cinq à sept communes sur deux départements. Malheureusement, les communes ne sont pas inépuisables, le circuit est limité, et les habitants se font rares. En avril 1993, les Magazines de France, qui concernent trois départements, le Limousin, la Creuse, et la Corrèze, m'ont fait l'honneur de deux pages d'article en couleur. PIERRE NICOLAS, LE SALON DE MUSIQUE ITINERANT Signé par le Journaliste : Gilles DEMURGE Professeur de musique itinérant… il fallait y penser! Vous circulez entre Saint Sulpice les Feuilles en Haute-Vienne et Châtillon sur Indre. Vous traversez le Blanc ou Argenton sur Creuse, entre Limousin et Berry, peut être croiserez vous par hasard Pierre NICOLAS et son drôle de véhicule. Pierre NICOLAS est un chineur pas ordinaire. Ce véhicule est un salon de musique ambulant. Vous avez bien lu. Son « Musicobus », comme il le surnomme, abrite un véritable studio-conservatoire. Dix petits mètres carrés équipés de circuits acoustiques et de casques. C'est un service unique dans la région, et en France. Le scénario est simple. Chaque jour, Pierre et Yveline quittent en début d'après-midi ce hameau et cette commune de Chaillac de 1250 habitants, situé au carrefour du Limousin, du Berry et du Poitou. Le Musicobus est à l'arrêt sur la place d'une Mairie, ou sur la place d'un marché, dans un rayon d'une soixantaine de kilomètres. C'est la période des leçons de musique, après la journée scolaire. Ils comptent malgré tout de plus en plus d'adultes parmi leurs élèves. Yveline y délivre les secrets du solfège, et Pierre NICOLAS enseigne le piano. Mais ils évitent les villes importantes, pour ne pas faire de la concurrence aux conservatoires.

"Haut de la page">

(15)
"EN AVANT, MUSIQUE! "

EN AVANT, MUSIQUE! Pas simple au départ de séduire les jeunes mélomanes, le Musicobus a eu du mal à démarrer… Les gens se méfiaient, ils trouvaient étrange de prendre des cours de musique dans un camion. Drôle d'aventure, qui a débuté en 1986. Après les studios parisiens, le ras-le-bol fait surface, et en deux temps, trois mouvements, il met la clef de sol sous la porte, et quitte la capitale pour rejoindre le bocage berrichon en compagnie d'Yveline. Objectif : continuer à faire de la musique, mais à leur façon, ambiance qualité de vie. Séduit par cet extrême nord du Limousin qu'il adore, ce Bourguignon et sa compagne originaire du Loir et Cher commencent à battre la campagne, en enseignant dans des locaux loués par les petites municipalités alentours. Des charges jugées trop onéreuses par nos deux musiciens, qui - eurêka! - ont l'idée ingénieuse de mettre en route ce Musicobus. Ce qui ne signifie pas que l'affaire est réglée… certaines communes refusent le stationnement. Ces derniers ont tort, car Pierre NICOLAS est un musicien authentique, et son enseignement des plus professionnels. Auteur d'une méthode et d'une technique spéciale, permet des progrès très rapides, et le plaisir de jouer s'en trouve décuplé. Une preuve ? Chaque année, un de ses jeunes élèves se retrouve diplômé dans le cadre du concours national Léopold Bellan. C'est un signe… OPTION LIBERTE Cet enseignement fait certes des adeptes, mais pas encore le fortune de Pierre et Yveline, loin s'en faut… Nos musiciens ambulants paient leur indépendance au prix fort. L'idée ne leur vient pourtant pas de regretter une seconde leur période parisienne. Ils ont bien pensé à l'éventualité d'agrémenter leur initiative privée de subventions des collectivités. Après tout, ces maîtres de musique ruraux remplissent une fonction de service public. Mais il nous faudrait acquérir un statut associatif, estime Pierre NICOLAS. Autant dire beaucoup de formalités et de contraintes pour peu de retombées sonnantes et trébuchantes. Option liberté, on ne les changera pas! D'autres enseignants auraient pu rouler dans leur sillage, soit des Professeurs de guitare, violon ou saxo, dans le Musicobus, mais Pierre NICOLAS sait très bien, que ces enseignants ne se déplaceraient pas pour une rémunération aussi faible. « Il faut partager ma philosophie sans l'ombre d'un bémol pour cela ». En attendant, il compose des chansons, et écoute Bach, Beethoven, etc. Le 27 décembre 1994, la Nouvelle République m'écrit un nouvel article, nommé espoir, car je recherche un financement pour un nouveau véhicule. Cet article est signé par : Gilles KERMARC que je remercie profondément. LE CHANT DU CYGNE DU « MUSICOBUS » « J'ai essayé auprès des banques et des sociétés de crédit : impossible de trouver un prêt. Si la situation ne se débloque pas, je serai obligé d'arrêter à la fin de l'année scolaire ». Pierre NICOLAS ne sait plus à qui s'adresser. Son problème est l'inverse de celui des ménages surendettés. A lui on refuse de prêter les 12195 euros qu'il lui faut pour acheter un nouveau fourgon. Le véhicule remplacera l'actuel Musicobus âgé de vingt ans et qu'attend une retraite bien méritée.

"Haut de la page">

(16)
"CINQ CENTS KILOMETRES PAR SEMAINE "

CINQ CENTS KILOMETRES PAR SEMAINE Musicien issu d'une des grandes écoles parisiennes la « Schola cantorum », compositeur et arrangeur, Pierre NICOLAS est arrivé dans le Berry voici une quinzaine d'années, avec sa compagne Yveline, musicienne elle aussi. Au début, ils dispensent leur art dans les salles communales des environs de Chaillac où ils se sont installés. C'est la difficulté de trouver des locaux, ou de conserver ceux qu'ils utilisent qui leur donnent l'idée exclusive en France, d'aller au devant de leurs élèves. Un fourgon d'occasion aménagé, chauffé, éclairé, où trônent un piano, un orgue électrique et un tableau : le « Musicobus » est né. Depuis 1986, cette école de musique sur roues parcourt à raison de cinq cents kilomètres par semaine les chemins entre Châtillon sur Indre, Saint Sulpice les Feuilles et Argenton sur Creuse. Ils ont élaboré eux mêmes leur propre méthode, pour améliorer ce qui existait, en fonction de leur expérience. « Malheureusement, nous n'avons jamais pu la faire éditer ». DANS LA HOTTE DU PERE NOEL Ils ont aujourd'hui de nombreux élèves, parmi lesquels figurent beaucoup d'adultes, qui apprécient dans la méthode « Musicobus » la rapidité de jouer dans une ambiance familiale. La méthode a fait ses preuves, les résultats sont bons et rapides. Les diplômes sont obtenus par les élèves au concours Léopold Bellan à Paris, ou au tournoi du Royaume de la musique de Radio-France. Se sentant mal aimés des institutions, ils considèrent avec fatalité le refus d'aide de la part des collectivités locales, et de l'administration de la culture. Leur espoir, c'est maintenant - si un banquier de la région n'est pas touché par l'esprit de noël - qu'une entreprise puisse leur céder à prix intéressant un véhicule d'occasion. Un fourgon de vingt mètres cubes, ce serait bien. Mais si le « Musicobus n° 2 » ne voit pas le jour, c'est leur rêve d'apporter la culture aux gens qui s'éteindra. Signature : Gilles KERMARC Mais aucun banquier ne s'est manifesté dans l'Indre. Le 19 janvier 1995, la Nouvelle République du centre consacre un article pour soutenir l'action du Musicobus, que le Journaliste : Philippe DELALANDE intitule : LE MUSICOBUS SUR UNE VOIE DE GARAGE L'antenne mobile d'enseignement musical de l'Indre aurait grand besoin de changer sa caisse. Entre la rouille et Chopin, la lutte est inégale. Provisoirement balbutiant, un accord de piano s'échappe d'un camion hors d'âge garé sur la place du marché de Châtillon sur Indre. Son bas de caisse rongé de rouille laisse présager le pire sous peu, mais l'affichette collée à l'arrière garantit noir sur blanc un enseignement musical itinérant. Pour combien de temps, avant qu'il ne s'écroule ? Yveline et Pierre NICOLAS ne sauraient trop le dire. A défaut de pouvoir engager les frais de remise en état, qui dépasseraient largement le prix du J 9 acquis d'occasion voilà neuf ans, ils bichonnent son petit intérieur pour y maintenir l'atmosphère douillette propice aux études de Chopin. La moquette qui tapisse le 20 M3 exténué est bardée de diplômes témoignant de l'efficacité de la méthode Musicobus. Sous l'œil de Berlioz et Wagner en posters, un piano droit calé contre le siège du conducteur n'attend pas pour servir que l'élève, actuellement aux prises avec la théorie à l'autre bout du camion, possède sur le bout des doigts les règles de l'harmonie et du contrepoint.

"Haut de la page">

(17)
"D'origine bourguignonne,"

D'origine bourguignonne, Pierre NICOLAS, Compositeur et Arrangeur, ne supporte pas mieux l'air de Paris que son épouse Yveline, originaire de la Sologne. En 1982, ils tentent un retour à la nature à Chaillac, dans l'Indre, où une association leur propose de donner des cours de musique : « Lendroit nous plaisait beaucoup, mais nous avons commis une erreur. L'association recherchait plutôt des bénévoles que des professionnels, et il n'y avait pas assez d'élèves dans le secteur pour assurer notre subsistance ». Pierre et Yveline réalisent vite que la musique classique n'est pas vraiment entrée dans les mœurs du Berry, plus porté sur la vielle à roue, l'accordéon et le cor de chasse. Chopin et Fauré ne sont pas assez folkloriques au goût du Boischaut. Les concerts qu'ils organisent à Chaillac sont jugés trop beaux, trop parisiens… Dans l'espoir d'étendre leur rayon d'action, ils décident alors de créer un Musicobus, qui répondra à la demande potentielle dispersée dans tout le département jusqu'à la Haute -Vienne. Le succès est immédiat, enfants, adultes, et retraités sont ravis. Deux cent mille kilomètres et plus au compteur n'ont pas entamé l'énergie des enseignants ambulants, mais le camion n'y a pas résisté. Il est grand temps de changer sa caisse avant que le piano ne traverse le plancher, mais les cours de musique assurent à peine l'intendance, en aucun cas le rachat d'un autre engin adaptable à un usage nécessitant un minimum d'espace musical. Les parents, catastrophés, ont entamé une action de soutien, mais sur le parking de Châtillon, le grincement des essieux du Musicobus commence à couvrir les valses de Chopin. « On nous réclame jusque dans le midi de la France, » signaient Yveline et Pierre, presque résignés au départ. « A notre âge, ça devient dur. On commençait à s'habituer à cette région… » Signature : Philippe DELALANDE Le soutien des parents ont permis au Musicobus de repasser une autre fois dur FR3, afin de soutenir notre action. C'est alors qu'un jour l'espoir est né. Après avoir été vu sur FR3, et lu dans la Nouvelle République d'où l'article ci - dessus. Cet espoir, je vous le raconte dans ce nouvel article de la Nouvelle République du Centre Ouest le 8 septembre 1995. LE MUSICOBUS ROULE POUR VOUS Yveline et Pierre NICOLAS, initiateurs du Musicobus, à Chaillac, ont repris la route musicale mardi : un nouveau fourgon aménagé leur permet de poursuivre leur mission culturelle. « Je rends grâce à Jean - Pierre PERNAULT de TF1 autant que je peux ! C'est par son émission qu'on a trouvé solution à notre problème ! » Yveline, la compagne de Pierre NICOLAS, ne désarme pas de contentement. Il faut dire que l'an dernier, à fin décembre, les deux Professeurs de musique itinérants, basés à Chaillac - qui ont créé en 1986 le premier Musicobus ( Marque déposée ) de France - étaient aux abois. Il a fallu un peu de battage médiatique pour que des solutions se fassent jour et leur permettent de reprendre la route mardi dernier. Flash back : fin 1994, le peugeot aménagé en salle de cours de musique n'en peut plus. Il rend l'âme. Pierre NICOLAS se voit opposer un refus à son droit au crédit malgré maintes sollicitations et force preuves de son sérieux professionnel sur la durée. Fi ! Un article dans la Nouvelle République suivi d'un reportage sur FR3, plus un magazine sur TF1, aboutissent à deux contacts.

"Haut de la page">

(18)
"« Le premier est venu d'une association"

« Le premier est venu d'une association marseillaise qui cédait un bus de cinquante places pour 750 Euros, l'autre de Madame BERNARD Maire de Villempuy, qui organisait le changement de bus colaire » , du regroupement pédagogique des communes de son pays. Le citroën, qui affiche déjà de nombreux kilomètres, a été repris pour une somme dérisoire. Dès janvier de cette année, a subi pendant six mois des aménagements techniques d'un coùt élevé, des réorganisations intérieures avant le passage aux mines pour agrément avec accord du constructeur. « J'ai passé tout mon mois d'août à le retaper », indique Pierre, pas mécontent de quitter enfin le pinceau pour retrouver le piano. « Madame BERNARD initialement voulait céder le bus à des chasseurs. Mais elle a pensé que ce serait plus utile pour les enfants ». Yveline sourit à cette pensée d'une femme soucieuse du bien être des lapins et des enfants. UN BEAU GESTE CULTUREL D'autres dons ont été reçus par les musiciens du sud de l'Indre par d'autres donateurs aimables. « Cela a permis d'améliorer l'intérieur de l'habitacle ». Enfin, un suprême plaisir est venu couronner le tout : un don en nature ( un piano yamaha quasi neuf ) offert par un industriel de Lyon qui entend garder l'anonymat. « C'est un beau geste », juge Yveline. D'autre part, en 1997, je n'ai jamais compris pourquoi, l'on refusait mon aide, et ma participation à un téléthon. A chaque fois qu'il y avait une réunion, elle changeait de salles, de communes, ou de dates. Je parcourais des kilomètres pour trouver l'endroit, mais c'était toujours la date, sans la date, le lieu, sans le lieu, car je n'étais pas au courant du changement, qui s'était effectué entre temps. L'on me donnait un numéro de téléphone, pour m'informer auprès d'une personne. Mais le numéro de téléphone était faux. Je n'arrivais pas à connaître les évènements de quoi que ce soit. Dès que je trouvais le bon numéro, la personne me répondait que cet homme ne s'occupait pas du téléthon. Est ce volontaire ou non ! je ne le saurais jamais. Toujours est il que j'aie arrêté de composer ma chanson, dont les paroles étaient dédiées spécialement pour le téléthon des enfants. J'étais très déçue. Pour moi, je n'avais pas besoin de publicité. Mon plaisir était d'avoir composé paroles et musique, et de pouvoir faire écouter cette chanson, dont j'étais pour un temps très heureuse de la chanter. Et que j'aime toujours aujourd'hui. Elle restera dans un cahier, ou sur une partition, que je chanterais seulement pour moi même, et pour mon seul plaisir. En 1998, je circule toujours, péniblement, difficilement, car les associations de musique pullulent, les conservatoires régionaux aussi. Décidément, c'est toujours la galère dans le Berry. J'ai mal choisi ma région, me dit le Journaliste, ou alors, je ne sais plus. Je suis fatigué. En 1999, je lutte pour mes élèves, j'essaie de garder la forme, car j'ai une conscience professionnelle. Je veux qu'ils progressent le plus loin possible, avant de les quitter. Mais je m'épuise, et le petit car scolaire aussi.

"Haut de la page"


(19)
"En 2000, 2001, un Suédois"

En 2000, 2001, un Suédois me téléphone, et me demande si j'ai un élève à lui présenter, qui serait susceptible de jouer de l'orgue, pendant la messe de son mariage, et d'animer le lunch tout l'après midi dans le parc de son château, qu'il vient d'acheter dans l'Indre. Je suis très surpris de son coup de fil. Mais ce n'est pas la première fois, que l'on me demande un élève, pour jouer pendant la messe d'un mariage, ou bien pour une nuit de Noël. Je ne devrais pas en être étonné. Et ce sont souvent des Etrangers, qui me demandent ce genre de renseignements. C'est à croire, qu'ils sont un peu plus culturels que les Français. Ceux ci préfèrent choisir un cd plutôt qu'un être humain. Enfin, je dois lui répondre un peu plus tard, je ne veux pas le décevoir. Je cherche parmi mes élèves, qui ont obtenu le premier prix au Royaume de la musique de Radio France, ou le premier prix à Léopold Bellan à Paris. Un élève, qui est capable de se ressaisir, lorsqu'il fait une erreur. Un élève, qui se moque du public qui l'écoute. Un élève, qui se sent sûr de lui, et qui n'a pas la grosse tête. Je pense tout de suite à Alexandre, ce garçon un peu bourru, qui semble ne pas être sorti de l'enfance. Il saute, il se bagarre seul avec ces gestes, comme s'il tournait un film avec d'autres partenaires. Pour moi, c'est le premier talent, que j'aie découvert en vingt ans de Professorat dans l'Indre. Mais je dois demander l'accord des parents, que je rencontre assez vite. Ils sont plutôt surpris, étonnés, que je choisisse leur fils pour cette cérémonie. Le garçon est surtout content d'être rémunéré pour cette journée. Jovial, sautant en l'air, et jouant des poings et du corps, comme dans les dessins animés, qu'il regarde tant, et qu'il connaît très bien. C'est un garçon surprenant, un peu brusque parfois, qui ne paye pas de mine, au visage agréable, il fera certainement l'affaire : c'est malgré tout, un grand talent. Le Suédois est enthousiaste de ma réponse, et à hâte de rencontrer ce garçon. Le jour du mariage, le matériel et tous les branchements nécessaires, sont transportés dans le Musicobus. Tout le long du chemin, Alexandre est énervé, il ne tient pas en place. Sur ses cuisses, il fait semblant de jouer. A l'arrivée, un petit incident de dernière minute, se produit dans l'église, lorsque nous nous apercevons que rien ne fonctionne. L'affolement dans le cœur de chacun se fait sentir, de peur de ne pas être prêt à temps pour l'arrivée des mariés. Nous nous calmons et cherchons la panne, avec l'aide des personnes invitées au mariage. Puis au dernier moment, tout va pour le mieux, nous avons retrouvé le son, mais Alexandre n'a pas le temps de revoir ces morceaux. Il interprête du début à la fin la marche nuptiale de Mendelssohn. Je suis obligé de la laisser face à lui même, car les mariés commencent à entrer dans cette église très étroite, mais par contre très profonde. Ces sculptures proéminentes, donnent le droit que l'on s'incline, et que l'on pense un peu à ces Artistes talentueux de l'époque. Alexandre regarde tout en jouant, ces Suédois à la chevelure blonde, qui sont très minces, plutôt grands, et surtout très distingués, aux comportements assez calmes, circonspects.

"Haut de la page"


(20)
"Je me suis placée derrière une"

Je me suis placée derrière une cariatide, au fond de l'église, et le cœur serré, en priant si j'ose dire, à ce que tout soit parfait, et que ce couple soit satisfait du résultat. En effet, Alexandre a suivi mes conseils, et s'est trouvé finalement à la hauteur de son talent. Mais il faut tout de même attendre que l'église soit vide, pour ne plus entendre la musique. De loin, je vois le visage d'Alexandre, qui semble me dire, qu'il est heureux toutefois, que la première étape de la journée soit terminée. A la sortie de cette messe, dehors, les femmes Suédoises, qui sont vêtues de robes courtes ou longues, selon les personnages, et coiffées de larges chapeaux blancs, se dirigent vers des carrioles, qui sont garées devant l'église. Elles s'installent gracieusement les unes après les autres, dans plusieurs carrioles, qui sont tirées chacune par un cheval blanc. Puis les cochers, leur font faire le tour du château, avant de pénétrer dans le parc. C'est un mariage romantique, comme l'est ce château aux tours proéminentes, au perron immense, qui font tout le charme de cette vaste demeure. Au pied du perron, je vois Alexandre qui commence à installer son instrument et ces fils, pour animer le lunch de l'après midi. Les femmes et les hommes se retrouvent autour de la longue table rectangulaire, pendant que d'autres s'asseyent sous les arbres centenaires. Le serveur passe avec son plateau, et va de groupe en groupe, distribuer ses friandises. C'est à ce moment là, qu'Alexandre interprète ces valses de Chopin, qui sont enchaînées progressivement par divers morceaux romantiques. Nous avons l'impression d'échapper à la réalité, de se sentir transporter dans une autre époque, dans un passé lointain, qui nous apporte un peu de rêve, et de mélancolie. Où pendant ce temps, à l'extérieur de ces murs d'enceinte, qui se profilent à l'infini, vivent des gens ordinaires, tournés vers leurs habitudes. Je lève la tête, et je vois les mariés, qui font des signes au public de leur fenêtre. Ils ont visité leur chambre, qui n'est pas encore garnie de meubles et d'objets. Ces pièces immenses, aux larges cheminées, résonnent au moindre pas. De l'intérieur, les tours semblent s'élever vers le ciel, curieux aspect, qui relève d'un profond mystère, dont la lumière tamisée peut nous faire croire. Dehors, les serveurs font toujours le va et vient avec leur plateaux, depuis le restaurant, qui se trouve à l'intérieur du parc, et qui fait apparemment part entière au château. Pendant ce temps, les mariés descendent de leur chambre, et viennent se faire photographier dans le parc. Les poses sont nombreuses, la musique nous charme, et la fête est grandiose. A travers les vitres du restaurant, je vois les cuisiniers et cuisinières, qui s'animent pour la préparation du dîner. Tous de blancs vêtus, ainsi que les serveuses, qui dressent les couverts, sur des petites tables individuelles habillées de nappes blanches. Alexandre est inquiet : il pense que tout le monde ne peut l'écouter. Les groupes se dispersent, où s'éloignent, dans ce parc géant, sous les feuillages, ou le long du ruisseau, qui coule près du château. Alexandre s'arrête de jouer de temps en temps, pour savourer les friandises, qu'on lui présente si gentiment.

"Haut de la page"


(21)
"Puis il continue de faire rêver,"

Puis il continue de faire rêver, avec son instrument et son talent. Dans ce petit village, trois copains d'Alexandre, sont venus l'écouter. Tout l'après midi, les Suédois savourent les délices, et boivent le bon vin du château. Ils écoutent les morceaux interprétés, ou causent avec des amis, tout en se promenant dans le parc. Le doute d'Alexandre s'est dissipé, lorsque certains Suédois lui demandent de rejouer plusieurs fois un morceau préféré. Très étonné, son visage s'éclaire, et semble heureux d'avoir fait plaisir, et de savoir enfin qu'il était écouté. Mais en fin d'après midi, la fatigue se fait sentir, les invités semblent attendre le dîner, mais n'ont apparemment plus très faim. Sans doute veulent ils rentrer, car la fraîcheur du soir fait frissonner leur corps. Le pianiste diminue d'intensité, et discute avec ses copains. De notre côté, nous sommes en conversation avec des Suédois. Brusquement, je ne vois plus personne. Ni Alexandre, ni ses copains. Et comme je remarque que tout le monde pénètre dans le château, ou dans le restaurant, je décide d'aller jeter un œil sur le Musicobus, qui est stationné sur le parvis de l'église du village. Je longe le mur du château, je le contourne, et je m'arrête surprise, me demandant un instant, si je l'avais bien garé à cet endroit. Je regarde à droite et à gauche, et ma surprise est de plus en plus grandissante : il n'y a plus de Musicobus. Je ne rêve pas, il n'y a plus de Musicobus. On a volé le Musicobus. Je regarde encore une fois, je n'ai pas rêvé. Je reviens sur mes pas, pour l'annoncer au propriétaire du château. Celui ci me voyant désemparé, essaye de déployer tous ces moyens pour m'aider à le retrouver. « Je suis désolé pour votre mariage, je ne m'attendais vraiment pas à cela ». Je dois vous dire que moi non plus, mais cela donnera un peu de piquant à la soirée, réplique t-il, en riant. Mais moi je ne riais pas du tout. J'ai l'impression qu'il n'y croyait pas. Il est vrai que dans un petit village comme celui ci, c'est plutôt difficile à croire. Le Suédois se dirige de l'autre côté du château, où il possède un grand terrain, sur lequel se trouve son propre hélicoptère. Ne vous inquiétez pas, me dit il, je vais inspecter les alentours du village. De mon côté je parcours toutes les rues du centre, et je n'obtiens pour résultat, que la fatigue de mes jambes. A cet instant, tout se passe dans ma tête, je me demande si je vais pouvoir rentrer, ou si je vais dormir au château. Je reviens sur mes pas, car il ne fait plus très chaud, et le soleil fatigué d'une journée bien remplie, disparaît lentement à l'horizon. Dans le parc, les invités sont stupéfaits de cette surprise intempestive. Ils lèvent la tête vers le ciel, car l'hélicoptère se rapproche peu à peu. Je suis inquiet. Je me demande s'il a vu quelque chose. Les voisins n'ont rien vu, personne n'a rien vu. Le pianiste a disparu. Les copains sont peut être repartis chez eux. L'hélicoptère se pose. Le Suédois revient vers le château, pour nous dire qu'il est difficile de voir quelque chose, car la forêt est très boisée autour du village. Et les branches se fondant les unes dans les autres, forment une voûte de leurs feuillages.

"Haut de la page"


(22)
"C'est incroyable, dit il,"

C'est incroyable, dit il, savez vous où se trouve Alexandre ? Les invités savent qu'il n'est pas au château, ni dans le restaurant. Le marié reste immobile un moment, et pense qu'il vaut mieux attendre Alexandre. Puis il va s'assurer que les préparatifs du dîner se passent bien. Pendant ce temps, je me dirige vers l'extérieur, sur la droite du château, car j'ai cru voir un petit chemin boueux, difficilement accessible. Je ne sais pas pourquoi je me dirige vers cet endroit. Je ne sais plus que faire. Je m'engage dans ce chemin vicinal. Il fait déjà sombre. Je m'arrête un instant. Je pense que je n'oublierai jamais cette journée. Puis j'avance encore un peu dans le chemin, et je m'arrête. J'écoute. J'entends le frissonnement des feuilles. J'ai l'impression que mon cœur s'arrête. J'écoute encore, et tout en avançant dans la profondeur du chemin, il me semble entendre des rires. J'avance encore, et les rires se rapprochent. Je vais voir encore plus loin, plutôt poussé par la curiosité. Mais cette fois ci, j'entends de la musique, et je reconnais le son du piano. A cet instant, je suis catastrophé d'avoir fait déplacer le marié, alors que le Musicobus était là, à côté, sans y avoir pensé. Je n'y croyais plus. Mais lorsque je monte dans le Musicobus, Alexandre s'aperçoit tout de suite que je suis en colère. « Cela fait des heures que nous vous cherchons ; mais quelle idée d'être venu dans ce chemin ». Il se met à rire, comme si rien ne s'était passé. Insouciant, voulant simplement épater ses copains, et ne pas faire de bruit sur la place de l'église. « Et comment allons nous sortir de cet endroit à présent ! » J'essaie de reculer, impossible, le Musicobus est embourbé. Je descends. « Tu vas dire au propriétaire, que j'aie retrouvé le Musicobus, mais que je suis embourbé dans le chemin, et puis tu vas t'excuser ». Encore une fois, le Suédois fait tout son possible, pour sortir le Musicobus de la mouise. Il se dirige vers une ferme toute proche, qu'il semble connaître, afin d'y trouver un tracteur. Mais dans la pénombre, ce n'est pas si facile. Alexandre ne peut rien faire, il est ennuyé d'avoir causé tous ces déplacements. Enfin, le Musicobus semble trouver la terre ferme, plus facilement qu'il n'y paraissait. Il est maintenant stationné devant le portail du château. Et je pense : « Ouf ! J'ai eu chaud. Malgré son escapade, les mariés invitent Alexandre à rester dîner avec les invités. De mon côté, je rentre avec le Musicobus, fatigué et soulagé de ma journée. Vers minuit, Alexandre appelle son père pour qu'il vienne le chercher. De cette soirée palpitante, il est heureux de sa rémunération, et de ces deux bouteilles de champagne. En 2002, 2003, je suis toujours en activité, mais si le petit car scolaire est fatigué de rouler, il reçoit toujours ses élèves, dans son petit intérieur douillet, chauffé et éclairé. Malheureusement, le parc des Musicobus tant espéré n'aura pas lieu. Car en France, personne ne peut créer, sans difficulté. Heureusement, il restera dans le cœur des enfants, le plus beau souvenir de leur vie !

Haut de la page

Irène Defougères

Vous pouvez m'écrire amicalement sur ce que vous pensez de cette histoire. (You can write me about what amicably vuos think of this story.)
Nom:     
Mail:     
Subjet:   

Commentaires..


Poémes à lire
Cool-music c'est COOL !!!                                                 Poésies!!!
Haut de la page
pagerank google

.         Un site au service de ceux qui créent !..          .
Copyright © Cool-Music.com 2000. NICOLAS 2008. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable: 06.11.84.03.43


shopify visitor statistics